Karl Friedrich May

(De 1875 à 1912)

– Traduction de Marie Versini –
 

Karl Friedrich May

Karl Friedrich May


Version en noir et blanc

Année

Notes biographiques

Lieu

1875

C’est sans doute à cause de la publication par Hermann Oeser à Neusalza, a partir de novembre 1874, du roman de May La Rose d’Ernstthal que l’éditeur H.G. Münchmeyer rendit visite à May. Il le connaissait depuis les années 1860. Il s’était disputé avec son rédacteur Otto Freitag; Münchmeyer devait le remplacer rapidement.
   Le 8 mars, May devient «rédacteur» à Dresde-Altstadt; il habite à Jagdweg où la maison d’édition est installée. Il y rédige un journal familial, «Der Beobachter an der Elbe». Münchmeyer l’appelait toujours «Docteur» devant ses employés. Ce titre que May garda plus tard n’a pas empêché que le 24 mars il soit expulsé de Dresde. May, qui est encore une bonne année sous contrôle policier, n’est pas autorisé à quitter Hohenstein et Ernstthal sans autorisation.
   D’Ernstthal, May continue à rédiger le «Beobachter» de Münchmeyer. Puis, à partir de fin mai, sa nouvelle Wanda est publiée. De plus, il prépare pour son éditeur des chapitres principaux du Buch der Liebe, suite du tristement célèbre «Venustempel» (une histoire de la prostitution et de ses origines) qui fut interdit en Autriche en 1874 et plus tard également sous le Reich allemand.
   Début août, May retourne à Dresde; une autorisation de séjour lui est accordée. Entre-temps, il voyage, entre autres, à Essen, Dortmund et Berlin pour trouver des souscripteurs à la société Krupp et Borsig pour le nouveau journal de travailleurs, «Schacht und Hütte». Pour le concurrencer et à partir de septembre, May lance, à la place du «Beobachter», un journal de divertissement familial, le «Deutsches Familienblatt». Dès le milieu d'octobre on publie la première histoire de Winnetou de May, Old Firehand. D'autres récits de cette époque: Le Gitan, Inn-nu-woh, Ein Stücklein vom alten Dessauer, Die Fastnachtsnarren, Geographische Predigten.
   Les rapports de May avec son éditeur sont familiaux. Pour Noël, Pauline, l’épouse de Münchmeyer, lui offre un piano.

Ernstthal,
Marktplatz 185

Dresde-Altst.,
Jagdweg 6

Ernstthal,
Marktplatz 185

Dresde-Altst.,
Falkenstr. 4,
chez la veuve
Emma Ros. Vogel.

Dresde-Altst.,
Jagdweg 14

1876

Début septembre 1875, Karl May habite dans la résidence de Münchmeyer. Minna Ey, la sœur de Pauline Münchmeyer, s’occupe de l’appartement de May. Elle aimerait devenir sa fiancée. Mais le nouvel auteur à succès n’y voit pas le moindre intérêt. Le 23 février, on fait une perquisition chez H.G. Münchmeyer. La police fait une enquête sur la vente interdite de «Venustempel» et du Buch der Liebe. C’est le 2 mai que se terminent deux années de surveillance policière de May. Début août, May annonce une suite au roman «Fürst und Junker» qui avait été rédigé par Friedrich Axmann:

Les lecteurs du «Deutsches Familienblatt» qui désirent connaître les dernières années du destin de Dietrich von Quitzow jusqu’à sa mort, doivent savoir que l’auteur en a fait le sujet d’un roman encore plus fascinant et aussi émouvant, «Dietrich von Quitzows letzte Fahrten» qui commencera dans le N° 20 de «Feierstunden am häuslichen Heerde», un des magazines littéraires de l’Edition Münchmeyer.
(Deutsches Familienblatt, N° 49, p. 770)

Le roman sur von Quitzow sort cependant dans le N° 10 des «Feierstunden» sous le nom d’un auteur appelé «Karl May».
   En été May est inculpé à cause de sa collaboration au Buch der Liebe. De plus, Friedrich, le frère de Münchmeyer en qualité d’éditeur, ainsi qu’Otto Freitag comme rédacteur du «Venustempel», sont également inculpés. Dans cette situation, Pauline Münchmeyer pousse au mariage avec Minna Ey. May n’est pas reconnu coupable. Fin octobre, il quitte la rédaction, mais écrit encore des «manuscrits utiles». Selon toute vraisemblance, il veut d’abord continuer son roman sur Quitzow, même s’il n’est plus rédacteur chez Münchmeyer. L’hostilité de Pauline qui ne supporte pas que May ait refusé l’union avec sa sœur rend ses projets impossibles. Les deux romans, le livre sur Quitzow de May ainsi que le «Kurfürst» d’Axmann (Axmann mourut selon Münchmeyer), seront terminés à partir de mars 1877 par le Docteur Heinrich Goldmann.
   Après cette époque chez l’éditeur, May entreprend des voyages temporaires à Hohenstein et Ernstthal. Là il tombe amoureux de la ravissante Emma Pollmer, qui célèbre le 22 novembre son 20è anniversaire.
   Cette année-là May a écrit entre autres: Auf den Nußbäumen, Unter den Werbern, Leilet, Der beiden Quitzows letzte Fahrten, Ausgeräuchert et Im Wollteufel.

Dresde-Altst.,
Jagdweg 14
  

Pillnitzer Straße 72

1877

May vit à Pillnitzer Straße 72 chez la veuve Groh. Les mois suivants il écrit Die beiden Nachtwächter, Der Dukatenhof, Die verhängnisvolle Neujahrsnacht, Ziege oder Bock, Der Samiel, Der Kaiserbauer.
   Le 26 mai, Emma Pollmer le rejoint à Dresde. Elle trouve une place dans le foyer de la veuve Auguste du Pasteur Petzold, Mathildenstraße 18. Karl May devient rédacteur chez l’éditeur Bruno Radelli pour la deuxième année de l’édition populaire du magazine «Frohe Stunden». Le premier numéro sort fin juin; à partir du numéro 10, May publie régulièrement ses propres textes: Der Oelprinz, Die Gum, Ein Abenteuer auf Ceylon, Die Kriegskasse, Aqua benedetta, Auf der (hoher) See gefangen, Ein Self-man.
   Chez Peter Rosegger, Die Rose von Kahira est publiée. Ce récit avait déjà été publié par Münchmeyer l’année précédente sous le titre Leilet. A cause de cette nouvelle publication, Rosegger considérait «Monsieur Karl May… comme un grand voyageur sauvage qui devait avoir vécu longtemps en Orient».

Dresde-Altst.,
Pillnitzer Straße 72
1878

Depuis le début de l’année, May vit dans un appartement au rez-de-chaussée à Dresde-Strießen, où Emma s’occupe de la maison. On les considérait comme un couple marié. Là il écrit pour les «Frohe Stunden»: Husarenstreiche, Der Africander, Vom Tode erstanden, Die Rache des Ehri, Nach Sibirien. Pour Peter Rosegger, May écrit Die falschen Excellenzen.
   Le 26 janvier, Emile Edouard Pollmer, l’oncle alcoolique d’Emma, meurt à Niederwürschnitz près de Stollberg; en état d’ébriété, il fut piétiné par une carriole à cheval, mais arriva encore à se traîner dans l’écurie du restaurant «Zum braven Bergmann». Le grand-père d’Emma, le barbier Christian Gotthilf Pollmer, ne crut pas à un accident. Il demanda à May de faire une enquête.
   Le 25 avril, May enquête en tant que «haut officiel payé par le gouvernement». Même s’il ne se donne aucun titre ou grade, il est accusé de s’attribuer des statuts officiels falsifiés. Le 11 juin, pour cette raison, il est convoqué à Dresde. Fin juin, May termine son travail de rédacteur chez Radelli. Emma Pollmer retourne chez son grand-père à Hohenstein et Karl May chez ses parents. Il paraît que May a séjourné quelque temps à Berlin. Il est possible qu’il ait recherché une nouvelle place dans une rédaction.
   6 septembre: interrogatoire au tribunal de Hohenstein. Le 15 octobre: interrogatoire à Stollberg et confrontation le 25 octobre. May a une attitude d’indifférence. Il assure lui-même sa défense. Durant l’été et l’automne, il écrit les récits Des Kindes Ruf, Die Universalerben, Die Laubthaler et Der Waldkönig.

Drd.-Strießen
Straße Nr. 4
Villa Forsthaus

Ernstthal,
Marktplatz 185

1879

Le 9 janvier, May est condamné à 3 semaines de prison par le poste de justice de Stollberg pour «usurpation de titre officiel» (dans le sens de § 132 StGB – code pénal allemand). Ce jugement, comme le prouve expressément le juriste pénal Erich Schwinge, est une erreur. Les actes sont conservés. May n'a en aucune façon entrepris un acte officiel. L'appel (le 12 mai) et le recours en grâce (le 2 juillet) sont rejetés. Du 1er au 22 septembre, Karl May doit supporter sa sanction dans la maison d’arrêt du tribunal d’Hohenstein. Ce blâme n’a jamais cessé d’être une souffrance pour lui comme en témoignent beaucoup d’exemples dans son œuvre.
   La relation avec Emma Pollmer est compromise en raison de son infidélité; Karl May vit probablement chez ses parents. Son activité littéraire se présente sous de meilleurs auspices. Ce sont ses premiers contacts avec l'hebdomadaire catholique «Deutscher Hausschatz» à Ratisbonne. Dans le récit de voyage Unter Würgen apparaît pour la première fois le nom d’«Old Shatterhand».
Fin novembre pour la maison d’édition de Franz Neugebauer à Stuttgart paraît «Der Waldläufer», livre remanié de l’ouvrage de Ferry, ainsi que son premier livre pour les jeunes, Im fernen Westen.
   Autres publications de l’année: Ein Dichter, Der Giftheiner, Three carde monte, Unter Würgern, Der Girl-Robber, Der Boer van het Roer et le roman du journal de Stuttgart, Scepter und Hammer. Le chapitre Der tolle Prinz laisse supposer une rupture sérieuse avec Emma Pollmer que May immortalisa sous le nom d’«Emma Vollmer» infidèle à son bien-aimé.

Ernstthal,
Marktplatz 185

1880

Janvier: «May, Dr. Karl…» - ce nom apparaît pour la première fois dans le «Allgemeiner Deutscher Literaturkalender» (calendrier général de la littérature allemande).
   19 février: l’annonce du mariage de Karl May et d’Emma Pollmer est rendu publique à Hohenstein. L’avis paraît du 20 février au 7 mars.
   Mai: pour la première fois, le «Deutscher Hausschatz» annonce que le narrateur à la première personne des aventures de voyage est bien le même personnage que l’auteur Karl May.
   Le 26 mai: le grand-père d'Emma, Christian Gotthilf Pollmer, meurt d'apoplexie à Hohenstein. Et le 27 mai, la sœur aînée de May, Auguste Wilhelmine, mariée à Hoppe, meurt d’une maladie du sang. A cause de ces coups du destin - peut-être aussi à cause de façons de pensées différentes – le mariage civil de Karl May et d’Emma Pollmer est reporté au 17 août.
   12 septembre: mariage religieux à l’église de St. Christopheri à Hohenstein, suivi par le déménagement dans la maison «Am Markt 2»
   Les œuvres notables publiées cette année-là sont: Deadly Dusy, Der Brodnik, Die Juweleninsel, Der Kiang-lu, Tui Fanua.

Ernstthal,
Marktplatz 185

Am Markt 2

1881

Janvier: dans un récit de voyage dans l’«Hausschatz», Giölgeda padishanün – plus tard Durch die Wüste (Les Pirates de la Mer Rouge) et les volumes qui suivent – pour la première fois le narrateur à la première personne Kara Ben Nemsi ainsi que son serviteur Halef Omar apparaissent.
   Ce cycle oriental est seulement surpassé littérairement par les dernières œuvres de May.
Mars: le «Deutscher Hausschatz» écrit dans son numéro 9: «’Lecteur de Westphalie’: L'auteur des aventures de voyage a visité lui-même tous les pays où se situent les scènes de ses histoires. Il revient récemment d’un séjour en Russie, en Bulgarie, à Constantinople, etc.…, et il souffre même d’une blessure au couteau comme souvenir. Cependant, il n’aime pas voyager avec le Baedeker rouge (guide de voyage) à la main et en chemin de fer. Il cherche des routes encore inconnues… Merci de vos compliments!»
   18 novembre: le journal «Le Monde» commence à publier une traduction française d’une œuvre de May.

Hohenstein,
Am Markt 2
1882

May travaille d’arrache pied à son cycle Oriental pour le «Deutscher Hausschatz». Les Reise-Abenteuer in Kurdistan ainsi que Die Todeskarawane sont de grands succès. En revanche, il écrit sans enthousiasme la fin de son Juweleninsel pour l’éditeur Göltz & Rühling de Stuttgart… Et achève le roman. A la fin de l’été Karl et Emma font un voyage de vacances à Dresde-Altstadt. Dans le restaurant Renger, une rencontre prédestinée le fait rencontrer l’éditeur Heinrich Münchmeyer. De cette rencontre naissent plusieurs années de relation d’affaires. Le contrat est conclu par une poignée de mains. May doit écrire un feuilleton captivant pour un honoraire de 35 marks par livraison. Dès que l'édition atteindra les 20.000 exemplaires, May recevra une «jolie gratification», et de plus les droits lui reviendront. Au début, May travaille de façon irrégulière sur Waldröschen:

«Chère Madame,
Je vous serais très reconnaissant, si vous pouviez demander à votre cher mari que j'ai l'honneur de pouvoir considérer comme un ami sincère, de m'envoyer le manuscrit, pour être précis, 3 numéros par semaine. C’est maintenant la meilleure époque pour publier le petit ouvrage. Le premier numéro est prêt, cependant je ne peux pas le publier puisque je n’ai pas la suite. J’étais très bienveillant envers votre mari. Je lui ai déjà avancé 500 marks pour son petit ouvrage. Il n’est pas du tout reconnaissant et me laisse tomber: Pourtant il m’appelle son meilleur ami dans ses lettres et me promet la lune, mais ne tient pas un mot de ses promesses.
   Je pense qu’il vous écoutera parce qu’il vous aime, il l’a toujours dit. Je me tourne donc avec confiance vers vous et espère que vous serez mon ange salvateur qui me sauvera de ma situation très coûteuse et extrêmement délicate. Ma femme vous envoie ses meilleurs sentiments et vous demande votre aide comme je le fais moi-même. En vous assurant de mes sentiments très cordiaux, et respectueusement familier, votre sincère H.G. Münchmeyer.
   Dresde, le 20 octobre 1882»

La méditation d’Emma est un succès. Waldröschen oder die Rächerjagd rund um die Erde commence début de décembre sous le pseudonyme de «Capitaine Ramon Diaz de la Escosura» et devient très vite un bestseller.
   Les autres œuvres: Die Both Shatters, Der Krumir, Ein Fürst-Marschall als Bäcker, Robert Surcouf, Christi Blut und Gerechtigkeit, In Damaskus und Baalbeck, Ein Oelbrand.

Hohenstein,
Am Markt 2
1883

Très probablement, May va à Dresde début février pour rencontrer Münchmeyer. Emma le suivra plus tard. Entre elle et Pauline, la femme de l’éditeur, se noue une intime amitié.
   Le 6 avril, l'amie d'enfance d'Emma May, Ida Metzer, tient une séance de spiritualité dans son appartement de Hohenstein; Karl May y participe.
   Le 7 avril: déménagement de Hohenstein à Dresde-Blasewitz. Dans la liste des résidents de Blasewitz, May est recensé comme homme de lettres et rédacteur. Très probablement «le rédacteur» édite avec Münchmeyer le «Deutscher Wanderer». «Cela devait être de la même qualité que les deux magazines populaires créées par moi en 1875.» Dans le «Wanderer» paraît à partir de fin septembre Die Liebe des Ulanen, désormais pour la somme de 50 marks.
   May rédige de plus dans cette année productive: Stambul, Im «wilden Westen» Nordamerikas, Der Amsenhändler, Pandur und Grenadier. Par manque de temps, il refuse une collaboration avec Joseph Kürschner (l’éditeur du calendrier de littérature.)

Hohenstein,
Am Markt 2

Dresde-Blasewitz,
Sommerstr. 7

1884

Vraisemblablement début avril, May s’installe avec sa femme Emma à Prinzenstraße 4. Ayant fini le Waldröschen, il commence en août un autre roman populaire pour Münchmeyer: Der verlorne Sohn oder der Fürst des Elends. Son travail pour le «Deutscher Hausschatz» est interrompu. Der letzte Ritt, qui fait partie du cycle oriental, est interrompu mi-décembre pour 6 mois. Les lecteurs et la rédaction le prennent très mal.

Dresde-Blasewitz,
Sommerstr. 7

Dresde-Altstadt,
Prinzenstr. 4

1885

Le 15 avril, la mère de May meurt d’une tumeur, probablement cancéreuse. A peu près un mois plus tard, son père a une attaque. Livrer des manuscrits est exclu pendant ces coups du destin. Die Liebe des Ulanen reste sans suite pendant 4 semaines. Comme solution de secours, des chapitres de Der verlorne Sohn sous le titre Ulane und Zouave sont publiés en fragment dans le «Deutscher Wanderer». En juin, May retrouve ses esprits et est capable de reprendre son écriture. Il poursuit même pendant quelques mois d’été son cycle oriental. Son roman Ulanen est terminé en octobre. A Noël il commence son quatrième roman pour Münchmeyer, Deutsche Herzen, Deutsche Helden.

Dresde-Altstadt,
Prinzenstr. 4
1886

Le 27 février, le catéchiste catholique Kochta, ancien professeur de May meurt.
   Fin juillet May termine le Verlorne Sohn. Afin de publier immédiatement une suite, il avait écrit, en juin, environ 50 pages manuscrites pour le roman Delila. Presqu’au même moment, dans des circonstances mystérieuses, le 13 juin, le roi Ludwig II de Bavière meurt – ce qui est une nouvelle sensationnelle pour un éditeur populaire. May interrompt donc Delila (il reste des fragments) et écrit un roman sur l’histoire du «Roi des contes de fées»: Der Weg zum Glück. Ce devait être son dernier roman pour Münchmeyer. A la fin de l’année, il commence un récit pour les jeunes, Der Sohn des Bärenjägers, pour l’éditeur Spemann de Stuttgart.

Dresde-Altstadt,
Prinzenstr. 4
1887

8 janvier: Le magazine pour garçons «Der Gute Kamerad» commence à publier le Sohn des Bärenjägers de May. Pendant ce temps, Münchmeyer a des problèmes pour livrer à temps ses numéros.

«Mon cher Docteur!
   Je vous attendais samedi avec une grosse pile de manuscrits, mais en vain. Cela me contrarie et me soucie car pour moi c’est une question de survie. Si vous ne me livrez pas une quantité suffisante et à l’heure, je vais perdre les lecteurs qui m’ont souscrit des abonnements ce qui représente beaucoup d’argent. Engagez donc un sténographe! Si vous dictez toute une nuit, vous aurez 4 à 5 numéros écrits sur le papier et cela m’aidera.
   J’ai presque toujours exaucé tous vos souhaits et vous demande maintenant d’exaucer les miens.
   Je vous en prie, portez-moi chance demain matin et puis des héros, car avec ceux que nous avons déjà ici, nous pourrions faire à peu près 66 numéros.
   Avec mes sincères salutations, H.G. Münchmeyer.
   Dresde, le 21 février 1887»

Au début d’avril, May déménage au 31 de la Schnorrstraße.
   Mi-août, May commence à écrire Durch das Land der Skipetaren; ce récit de voyage représente la fin du cycle de l’Orient dans le «Deutscher Hausschatz».

Dresde-Altstadt,
Prinzenstr. 4

Schnorrstr. 31

1888

Début janvier, le roman pour Münchmeyer Deutsche Herzen, Deutsche Helden est fini. May ne s’accorde aucun repos – il écrit son histoire de jeunesse Der Geist der Llano estakata. Mi-janvier le «Hausschatz» commence à publier le récit de voyage Skipetaren. Début février commence Der Geist der Llano… dans «Der Gute Kamerad».
   Le 6 septembre le père de May meurt des suites d’une longue maladie.
   Le «Deutscher Hausschatz» à Ratisbonne a un nouveau rédacteur. Venanz Müller, qui était bien intentionné à l’égard de May, est remplacé par Heinrich Keiter, un rédacteur qui a ses propres ambitions littéraires.

«La bataille au sujet des romans de l’écrivain voyageur Karl May est chaudement suivie par nos lecteurs. Tandis que certains se plaignent avec de sévères critiques auprès de la rédaction que ces nouvelles prennent trop de place qui pourrait avantageusement être mieux utilisée, d’autres, dans des termes aussi convaincants, pensent que dès le début de l’année, l’édition devrait commencer avec une nouvelle histoire de Karl May. La rédaction est alors obligé de prendre une politique ambivalente pour satisfaire les deux parties.»

1er octobre: déménagement de Dresde à Kötzschenbroda dans la villa Idylle, Schützenstraße 6.
   12 octobre: dans la liste des résidents, May s’inscrit sous le nom «Dr. phil. Karl May, écrivain».
   Autres publications de cette année: Kong-Kheou, das Ehrenwort, ainsi que Der Scout.

Dresde-Altstadt,
Schnorrstr. 31

Kötzschenbroda,
Schützenstr. 6
Villa Idylle

1889

Probablement au printemps, Karl et Emma May font la connaissance du couple Plöhn. Richard Plöhn possède une usine de pansements. Il deviendra le meilleur ami de May et Klara, la femme de Plöhn, qui deviendra la meilleure amie d’Emma, aura encore une grande importance dans la vie de May dans les années suivantes. Dans cette très productive année de travail, il rédige quelques 3770 pages manuscrites!
   Publications: Die Sklavenkarawane, Im Mistake-Cannon, Sklavenrache, Lopez Jordan.

Kötzschenbroda,
Schützenstr. 6
Villa Idylle
1890

14 janvier: la propriétaire de May l’accuse devant le tribunal d’instance de Dresde pour non payement du loyer. L’échéance trimestrielle du loyer (200 marks) pour la très coûteuse Villa Idylle reste impayée malgré son intense travail d’écrivain. Sa bonne à tout faire est licenciée le 19 mars.
   Probablement début avril: déménagement à Niederlößnitz, Lößnitzstraße 11.
   Importantes publications: Christus oder Muhammed, Der Schatz im Silbersee (Le trésor du lac d’argent), Der Schatz der Inkas (Le trésor des Inkas).
   Fin octobre Der Sohn des Bärenjägers est publié en livre; la page de couverture porte le titre Die Helden des Westens (incluant dans le volume Der Geist des Llano estakado) à Stuttgart par la maison d’édition «Union Deutsche Verlagsanstalt».

Niederlößnitz,
Lößnitzstr. 11
1891

8 avril: déménagement pour Oberlößnitz à la Villa Agnès, Nizzastraße 13.
   Le 28 mai: «… La femme du Dr. May se réveilla à cause d’un bruit au rez-de-chaussée. Elle réveilla son mari qui descendit immédiatement et trouva à sa surprise… toutes les armoires et tiroirs des commodes ouverts, leurs contenus partiellement répandus sur le sol. En plus, le cambrioleur avait laissé une hache sur le lit. Il n’y avait pas de trace du voleur lui-même qui était entré dans la chambre en défonçant le volet d’une fenêtre et en cassant les carreaux de plusieurs autres fenêtres…» (Kötzschenbrodaer Zeitung du 30 mai)
   A la fin de l’été, l’éditeur Friedrich Ernst Fehsenfeld de Fribourg en Breisgau négocie avec May la publication en livre des histoires du «Hausschatz». Un moment historique!

«Dans le joli, agréable Lößnitzgrund
Deux êtres sont assis tout seuls;
Ils nouent des liens d’amitié
Ils ne se sépareront plus jamais
L’un envoie ses romans
L’autre les fait imprimer,
Et à la fin de la chanson:
Tous les deux seront vraiment heureux!
(Karl May à Friedrich Ernst Fehsenfeld)

Novembre: Karl et Emma May prennent chez eux Clara («Lottel») Selbmann, leur nièce de neuf ans, comme si elle était leur propre fille.
   Importantes publications dans les journaux: Das Vermächtnis des Inka (Kamerad), Der Mahdi (Hausschatz).

Niederlößnitz,
Lößnitzstr. 11

Oberlößnitz,
Nizzastraße 13
Villa Agnes

1892

6 avril: l’éditeur H.G. Münchmeyer meurt à Davos en Suisse d’une affection avancée aux poumons.
   10 mai: le premier volume de la série Durch Wüste und Harem (dans des éditions postérieures Durch die Wüste) paraît aux éditions Fehsenfeld. Suivent Durchs wilde Kurdistan, Von Bagdad nach Stambul, In den Schluchten des Balkan, Durch das Land der Skipetaren, Der Schut. Karl May est devenu maintenant un homme riche.
   Pendant l’été, Emma entretient des relations secrètes avec des officiers. Lottel, la nièce de May, raconte tout à son oncle. Une discorde du couple s’ensuit. Emma et la nièce de May ne peuvent plus vivre ensemble. En août, Lottel est ramenée à sa mère Karoline, la sœur de May.
   A partir de septembre commence l’«Hausschatz» avec la 2ème partie de Madhi.
   A l’Edition Union sort en octobre Kong-Kheou, das Ehrenwort sous le titre Der blau-rote Methusalem.

Oberlößnitz,
Nizzastraße 13
Villa Agnes
1893

Juin: Karl et Emma voyagent dans la Forêt noire. Ensuite, ils rendent visite à l’éditeur Fehsenfeld et à sa femme. Ensemble ils vont en Suisse à Bönigen au lac Brienzer. Le 17 septembre May écrit à son éditeur Fehsenfeld:

Votre colère est justifiée, et pourtant je suis moins coupable que vous ne le pensez. La vraie raison pour laquelle je ne peux terminer quoi que ce soit est mon état actuel où je sens monter une nervosité sans cesse grandissante, à laquelle ma femme n’attache pas la moindre attention, sans compter un problème plus familier dont je ne peux pas parler. Ma femme est devenue totalement différente depuis ce maudit voyage… Ces querelles domestiques m’abattent à tel point que je vois souvent sur le mur où pend au dessus de ma table de travail le revolver chargé. Après tout, chacun a besoin de paix, d’une façon ou d’une autre!

Le 26 novembre, May écrit à Fehsenfeld qu’à cause de son affection aux yeux, il s’est rendu deux fois à Leipzig.
   Livres édités chez Fehsenfeld: Winnetou der Rote Gentleman (3 volumes, l’annotation: «der Rote Gentleman» fut supprimée plus tard), Orangen und Datteln.
   D’importantes publications journalistiques: Der Oelprinz, Die Felsenburg (plus tard Satan und Ischariot I). Et un autre livre à l’Edition Union: Die Sklavenkarawane.

Oberlößnitz,
Nizzastraße 13
Villa Agnes
1894

Mars: May souffre d’une grippe compliquée d’une pleurésie. Ses yeux aussi le font souffrir. Début mai, il part se reposer avec Emma dans le Harz. Son état de santé est mauvais. Aussi doit-il engager un secrétaire. (May dans une lettre du 9 mai à Fehsenfeld)
Probablement l’été, May écrit de lui même en temps qu’«Old Shatterhand» le passage suivant pour Old Surehand I:
   Je suis né enfant malade, chétif qui jusqu’à l’âge de 6 ans rampait sur le sol, incapable de se tenir debout ou de courir… J’ai été aveugle trois fois… (p. 441 et suivantes).
   C’est probablement une petite exagération poétique, mais on sent la peur cachée qu’éprouve May d’être à nouveau aveugle.
A partir de septembre, paraît dans le «Deutscher Hausschatz» Krüger Bei (plus tard Satan und Ischariot II); là les lecteurs apprennent à Noël la visite de Winnetou à la chorale de Dresde! Un chapitre de 440 pages manuscrites, In der Heimath, sera coupé par Heinrich Keiter.
   Octobre: dans la maison de la veuve de l’éditeur Münchmeyer, May réclame le compte de ses cinq romans pour Münchmeyer qui est payable depuis longtemps. Plus tard, il recevra un paquet des exemplaires des romans publiés. Les manuscrits originaux des romans pour Münchmeyer n’existaient plus; ils avaient été détruits, considérés comme superflus.
   27 novembre: Pauline Münchmeyer demande un nouveau roman, si possible une suite de Delila (1886). May refuse!
   Livres pour Fehsenfeld: Am Stillen Ocean, Am Rio de la Plata, In den Cordilleren, Old Surehand I.
   Autres livres édités: Die Rose von Kairwan (Wehberg, Osnabrück), Der Schatz im Silbersee. (Union).

Oberlößnitz,
Nizzastraße 13
Villa Agnes
1895

Cette année-là, Ferdinand Pfefferkorn qui vit à Lawrence/USA rend visite avec sa femme à son vieil ami d’école Karl May. Les Pfefferkorns se consacrent aux spiritismes. On tient des séances à la maison de May, où selon toute vraisemblance le couple ami Plöhn est présent.
   23 décembre: Achat d’une nouvelle villa! (pour 37.300 marks) Hier, installation dans de nouveaux meubles! Ecriture de manuscrits nuits et jours! (May à Carl Felber)
   30 décembre: le contrat de vente officiel pour la villa «Shatterhand» à Radebeul, Kirchstraße 5 (aujourd’hui Karl-May-Straße), est signé.
   Livres édités: Old Surehand II (Fehsenfeld), Das Vermächtnis des Inka (Union).

Oberlößnitz,
Nizzastraße 13
Villa Agnes
1896

Mars/avril: Karl May prend possession de la carabine en argent et du «Bärentöter» – tueur d’ours –- que l’armurier Max Fuchs de Dresde a fait sur commande. Il veut avec cela apporter une documentation et une vérité à ses voyages et en même temps oublier son triste passé. May utilise la publicité comme une star moderne du show-biz.
   Pâques: le photographe amateur Alois Schießer, qui arrive de Linz, prend 101 photos de Karl May dans les costumes d’Old Shatterhand et de Kara Ben Nemsi. La légende d’Old Shatterhand atteint son apogée. Beaucoup de Karl May Clubs sont fondés.
L’été, probablement en juillet, Heinrich Keiter rend visite à l’auteur à succès. Il s’excuse personnellement d’avoir coupé le chapitre Heimath dans Krüger Bei, après que May lui ait déclaré préalablement qu’il ne fournirait plus rien au «Deutscher Hausschatz». Fin septembre, paraît dans l’»Hausschatz» Freuden und Leiden eines Vielgelesenen de May:

La nuit est en général le temps où je travaille, souvent deux nuits, trois nuits de suite, sans avoir pu dormir le jour car beaucoup de visiteurs viennent pendant la journée faire la connaissance de «leur» Old Shatterhand ainsi que de Kara Ben Nemsi Effendi.

A partir de septembre, dans «Der gute Kamerad» est publié le dernier roman pour la jeunesse de May: Der schwarze Mustang.
Livres édités chez Fehsenfeld: Der Mahdi (3 volumes), Old Surehand III, Satan und Ischariot I-III.

Radebeul,
Kirchstraße 5
Villa «Shatterhand.»
(Aujourd’hui
Musée Karl-May)
1897

26 janvier: «Monsieur Keiter, qui s’abstiendra dorénavant d’avoir aucune interférence littéraire dans vos manuscrits, commence dans le numéro 8 du ‘Hausschatz’ votre nouveau récit de voyage si impatiemment attendu, ‘Im Reiche des silbernen Löwen’... Nous espérons que vous nous ferez très vite le plaisir de nous donner la suite de ce très intéressant manuscrit.» (Friedrich Pustet Jun. à Karl May)
Probablement au printemps, Karl May compose une partition de l’Ave Maria désirée pour la mort de Winnetou. De mai à juillet, Karl et Emma voyagent en Allemagne et en Autriche. Ils visitent Leipzig, Hambourg, Deidesheim (où ils rendent visite à la famille d’un ami Seyler, marchand de vin), Stuttgart, Bodensee (Lac de Constance), Innsbruck, Achensee, Munich, Ratisbonne, la Bohème. Le séjour à Munich devient le point culminant de cette tournée de publicité:

Le premier jour 900 visiteurs, le deuxième 600, le troisième de nouveau 800. Dans la soirée, je suis sorti par une porte dérobée et me suis enfui. Devant l’hôtel, il y avait tellement de lycéens qui attendaient pour obtenir un autographe que le tramway ne pouvait pas poursuivre sa route et il a fallu les éloigner en les arrosant avec un jet d’eau. C’est la vérité! (lettre à Fehsenfeld du 27 juillet)

Livres édités: Auf fremden Pfaden, Weihnacht (Fehsenfeld), Der Oelprinz (Union).

Radebeul,
Kirchstraße 5
Villa «Shatterhand.»
1898

Le 22 février son Altesse impériale l’Archiduchesse Marie Thérèse donne une audience à Karl May.
   6 mai: à Gartow (Basse-Saxe) May est appréhendé par deux policiers; il ne doit pas quitter sa chambre d’hôtel. Il est considéré comme un imposteur, parce qu’il donne de gros pourboires pour de petits services. Enfin arrive cette nouvelle de Radebeul: «Karl May y élit domicile. Il aime exercer la charité.»
   Le 30 août, Heinrich Keiter meurt. Dr. Otto Denk prend sa succession au poste de rédacteur du «Deutscher Hausschatz». A cette époque une rupture de neuf ans se produit avec cet hebdomadaire. Une opposition catholique se fait jour contre May.
Livres édités par Fehsenfeld: Im Reiche des silbernen Löwen I-II. De plus paraît Ernste Klänge, une publication avec les deux compositions musicales de May, Ave Maria et Vergiß mich nicht!

Radebeul,
Kirchstraße 5
Villa «Shatterhand.»
1899

De janvier à mars, May finit son roman Am Jenseits. Il se trouve sur le meilleur chemin de la grande littérature. Avez-vous lu les épreuves éditées du volume 25? Oui? Alors, vous aurez remarqué que Karl May commence maintenant à exprimer ses réelles intentions. Il est question d’un grand mouvement très bien préparé dans le domaine religieux-éthique-social... Jusqu’à présent, les volumes étaient écrits dans le seul but de rassembler le plus grand nombre de lecteurs. (May à Fehsenfeld, 13 mars)
   16 mars: Pauline Münchmeyer vend sa maison d’édition à Adalbert Fischer, qui s’intéresse en particulier aux romans populaires de May.
   26 mars: départ pour l’Orient. Importantes escales: Gênes (le 4 avril départ d’Emma et du couple Plöhn pour raison de santé), Port Saïd (9 avril), le Caire (30 avril – c’est là que May engage un peu plus tard le domestique arabe Sejd Hassan), Beyrouth (26 juin), Haïfa (18 juillet), Jérusalem (30 juillet), Jaffa (21 août au 2 septembre), Aden/Sud-Arabie (15 septembre).
   J’étais apprécié à bord (Gera) même si maintenant j’étais l’opposé du Karl d’autrefois. Ce fut pour moi une grande cérémonie de descendre la Mer Rouge à bord d’un cargo. (lettre à Plöhn du 16 septembre)
   10 novembre: arrivée à Padang sur l’île de Sumatra. May souffre de crises psychologiques, refuse toute nourriture et se comporte comme un fou – il est possible qu’il ait souffert de dysenterie. Rien n’est exactement sûr. Cet état dura à peu près une semaine.
   22 novembre: de Padang, May envoie un télégramme à Radebeul; il demande à Emma de venir avec les Plöhn à Port Saïd.
   11 décembre: May est mis en quarantaine à cause de sa maladie et d’un soupçon de peste. Le 18 décembre, il peut quitter Port Saïd. Son ami Richard Plöhn, qui souffrait de la maladie de rein de Bright et qui entre-temps est devenu sérieusement malade, reste avec Klara et Emma à Arenzano (20 kilomètres à l’ouest de Gênes). May apprend le lieu où il réside et s’y rend.
Pendant ce temps-là, en Allemagne, s’élèvent de vives attaques dans la presse contre May. En particulier celles du Dr. Fedor Mamroth (Frankfurter Zeitung) et d’Hermann Cardauns (Kölnische Volkszeitung) qui critiquent la promotion que May fait de lui-même et son assimilation à la légende d’Old Shatterhand. Les arguments qui au début restent relativement objectifs vont devenir polémiques les années suivantes et vraiment méchants: c’est le début d’une chasse aux sorcières, une chasse à mort.
Livres édités: Am Jenseits (Fehsenfeld), Der schwarze Mustang (Union).

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1900

Karl et Emma May ainsi que Richard et Klara Plöhn restent à Arenzano jusqu’au 14 mars, puis ils vont à Pise, Rome, Naples, Port Saïd, le Caire, Gizeh, Jaffa, Jérusalem, Hébron, Jéricho, Tiberias, Nazareth, Haïfa, Lebanon, Balbek, Damas et Chypre. A Istanbul, May souffre à nouveau de crises psychologiques. Klara Plöhn craint qu’on ne doive le placer dans un asile de fous. Celle qui deviendra plus tard sa femme avait de toute évidence un flair pour décrire les évènements d’une façon très colorée et semble avoir alors exagéré les faits.
   Le voyage s’achève à Corinthe, Bologne, Athènes, Corfou, Venise et Bozen.
   25 mars: Le successeur de Münchmeyer, Adalbert Fischer, ne tient pas compte des droits d’auteur de May et lance sur le marché une nouvelle édition de Die Liebe des Ulanen. Les quatre autres romans pour Münchmeyer suivirent bientôt, partiellement retravaillés par l’écrivain Paul Staberow.
   17 juin: à Beyrouth, May prend douloureusement congé de son serviteur Sejd Hassan.
   31 juillet: arrivée à Radebeul après 15 mois d’absence. Karl May est devenu un autre homme – la légende d’Old Shatterhand est morte. À partir de maintenant, seulement l’amour de l’humanité et la réconciliation des nations sont devenues son grand idéal; il y a également une rupture dans sa vie privée: la sexualité d’Emma n’est plus capable de le retenir.
   Tous mes écrits jusqu’ici ne sont qu’une introduction, une préface. Personne ne sait, à part moi, ce que je veux exprimer… Je commence seulement maintenant mon œuvre véritable. (lettre de May du 10 septembre à son éditeur Fehsenfeld)
   Pour les Fêtes de Noël, May publie un volume de poèmes, Himmelsgedanken.

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1901

14 février: Richard Plöhn, l’ami de May, meurt de sa maladie de reins. Sa femme Klara est bouleversée. Elle devient une invitée permanente de la Villa «Shatterhand».
   Pour Joseph Kürschner, May écrit un roman pacifique Et in terra pax. Il y démolit les tendances impérialistes – les «Hourrah» patriotiques - de l’œuvre collective «China» dans laquelle son texte est publié.
   Fin septembre May voyage avec Emma et Klara en Suisse au lac des Quatre-Cantons. A l’automne, il rédige une réponse aux attaques polémiques de la presse à travers un pamphlet anonyme «Karl May als Erzieher» (Karl May éducateur – note de la trad.) et «Die Wahrheit über Karl May» (la vérité sur Karl May – note de la trad.).
   10 décembre: May porte plainte contre Adalbert Fischer pour avoir republié sans autorisation ses romans pour Münchmeyer.

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1902

Au début de l’année, le rédacteur de Cologne Hermann Cardauns tient plusieurs conférences anti-May dans lesquelles il définit les romans de May pour Münchmeyer comme «profondément immoraux».
   10 mars: Karl May porte plainte contre Pauline Münchmeyer contre la volonté de sa femme Emma qui est son amie intime. Le 16 mars, Rudolf Bernstein, l’avocat de May, demande au tribunal de prononcer les condamnations suivantes:

  • établissement du compte des exemplaires des œuvres de May publiées et mises en circulation jusqu’au 16 mars 1899 par la maison d’édition Münchmeyer
  • établissement des comptes et des profits nets et
  • le payement d’une gratification au-delà de 20.000 exemplaires.

L’été, Karl May, Emma et Klara voyagent de Berlin, Hambourg, Leipzig et Munich jusqu’à Bozen et pour finir au Mendel. C’est à l’hôtel Penegal que le 21 août se termine le mariage de Karl May et d’Emma par ces mots: «Prends ton type, j’en ai assez de lui!». Les circonstances plus détaillées qui ont amené le divorce restent jusqu’à aujourd’hui peu satisfaisantes. On peut supposer que le comportement d’Emma ayant évolué pendant la ménopause était devenu difficile; des signes de dérangement psychologique étaient également possibles (Emma mourut le 13 décembre 1917 dans un asile). Elle était aussi encline à des accès de colère directement dirigé contre Karl May, ce qui rendait impossible la survie du mariage. Incontestablement, Klara Plöhn sut choisir le moment favorable. Il est certain que finalement Karl et Klara trouvèrent l’un avec l’autre une relation commune qui leur convenait mieux à tous les deux.
   29 août: Emma May signe le consentement au divorce.
   10 septembre: May dépose à Radebeul l’action en divorce.
   Livre édité chez Fehsenfeld: Im Reiche des silbernen Löwen III.

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1903

14 janvier: le mariage de May est dissous.
   4 mars: le divorce du couple est légalement prononcé.
   30 mars: mariage légal de Karl May et Klara Plöhn. Quelques jours plus tard suit le mariage religieux à l’église luthérienne de Radebeul.
   25 mai: Les Editions Adalbert Fischer publient les Erzgebirgische Dorfgeschichten de May.
   3 novembre: Emma reçoit de May une rente annuelle de 3000 marks; en contrepartie, elle doit vivre éloignée d’au moins 100 kilomètres de Dresde – elle s’installe à Weimar.
   Début novembre, Dr. Gerlach, l’avocat de Münchmeyer, parvient à obtenir la prise en considération des condamnations de May. Les conséquences pour la santé de May se manifestent le 8 novembre – il tombe gravement malade: forte fièvre et cœur faible.
   Livre édité chez Fehsenfeld: Im Reiche des silbernen Löwen IV.

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1904

8 mars: Karl et Klara rendent visite à Meißen au peintre Sascha Schneider. Il doit dessiner pour toute l’édition de Fehsenfeld de nouvelles couvertures de livres, mettre tout son effort artistique pour promouvoir les valeurs pacifistes des écrits et tourner le dos carrément au côté «auteur pour la jeunesse».
   Mi-septembre dans une collection plus importante paraît chez Fehsenfeld Et in terra pax sous le titre Und Friede auf Erden!
   26 septembre: Pauline Münchmeyer est obligée de rendre des comptes dès que Karl May produit un compte-rendu sous serment.
Noël: pour se venger d’un prêt refusé, que Rudolf Lebius, le bandit sans scrupule de la presse, a essayé d’arracher à May, il fait pendre des fenêtres des libraires de Dresde de grandes affiches, sur lesquels sont annoncé en immenses lettres rouges: Lisez les condamnations de Karl May.

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1905

Au printemps paraît imprimée personnellement par May la description du procès, Ein Schundverlag. Il y raconte ce qui s’est passé du temps de Heinrich Münchmeyer. En 1909 suit encore la parution en impression privée Ein Schundverlag und seine Helfershelfer.
   Le 3 octobre une plainte pour injure de May contre Lebius est jugée au tribunal de grande instance de Dresde. A cause d’une faute de tactique de Klotz, l’avocat de May, la lecture publique des convictions soutenues par Karl May est autorisée.
   Le même mois, May suit à Dresde une conférence de la lauréate du prix Nobel de la paix Bertha von Suttner; une amitié se noue entre eux.

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1906

5 février: Karl May gagne en deuxième instance son procès contre Münchmeyer.
   30 juin: Rudolf Lebius traite May de criminel héréditaire.
   1er septembre: le drame de May Babel und Bibel, Arabische Fantasia in zwei Akten est publié chez Fehsenfeld en un tirage de 1200 exemplaires.

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1907

9 janvier: May gagne son procès contre Münchmeyer en 3ème instance devant la cour du Reich allemand de Leipzig. Le règlement des dommages et intérêts doit maintenant être fixé. Le représentant légal de May, Rudolf Netcke, demande pour le seul Waldröschen 250.000 marks! Le 11 février May produit sous serment le compte-rendu suivant:

Je jure au nom de Dieu infiniment bon et tout puissant:
1. Après avoir en 1882 rencontré par hasard dans un restaurant de Dresde Heinrich Gotthold Münchmeyer aujourd’hui décédé, j’ai promis de lui écrire un roman appelé WALDRÖSCHEN aux conditions suivantes. Le roman devait paraître sous un pseudonyme et être imprimé et diffusé pour un tirage maximum de 20.000 exemplaires. Comme rémunération, je devais recevoir 35 marks par numéro et de plus une bonne gratification quand le tirage maximum prévu serait atteint. De plus, je conservais le droit d’en disposer librement, notamment le droit d’inclure le roman dans mes œuvres complètes.
2. Ces conditions furent imposées plus tard pour les romans DEUTSCHE HERZEN UND HELDEN, DER VERLORENE SOHN et DER WEG ZUM GLÜCK avec de plus la clause que la rémunération pour chaque numéro passait de 35 à 50 marks.
3. En ce qui concerne le roman DIE LIEBE DES ULANEN, j’étais d’accord en 1883 avec Münchmeyer pour lui permettre d’imprimer le roman seulement en 1884 dans l’édition du «Deutscher Wanderer».
4. De même, en 1875 et 1884, pour les six récits suivants: AUS DER MAPPE EINES VIELGEREISTEN (INN-NU-WOH et OLD FIREHAND), EIN STÜCKLEIN VOM ALTEN DESSAUER, DIE FASTNACHTSNARREN, UNTER WERBERN, DER GITANO et DIE POLIN (WANDA) Münchmeyer était d’accord pour qu’une seule parution par an soit éditée dans son journal.
5. Par contre, je ne me suis pas mis d’accord avec Münchmeyer en ce qui concerne mes œuvres 1 – 4 pour qu’après un seul règlement en espèces il conserve les droits de publications d’une façon illimitée. Que Dieu me vienne en aide.

Le 7 avril: Adalbert Fischer, le successeur de Münchmeyer, meurt. Le 15 avril 1907, Dr. Gerlach, l’avocat de Münchmeyer, accuse May et ses associés de parjure. Le reproche est parfaitement insoutenable.
   Le 8 octobre: les héritiers de l’éditeur Fischer déclarent dans un accord «que la maison d’édition H.G. Münchmeyer avait édité des romans de l’écrivain Karl May qui avaient subis au cours du temps des rajouts, des modifications d’un autre auteur, et que dans leur forme actuelle, ils ne pouvaient pas être considérés comme étant de l’auteur Karl May.» Les cinq tristement célèbres romans pour Münchmeyer perdent ainsi le nom de leur auteur Karl May et peuvent être désormais publiés sous le nom d’un auteur anonyme.

Le successeur de Münchmeyer a fait de tels changements qu’entre les vieilles éditions et les nouvelles il y a une différence de centaines de pages. C’est en fait vraiment terrible. Si quelqu’un se permettait de modifier les peintures d’un peintre ou couper au couteau les statues d’un sculpteur et offrait ces mutilations à la vente comme des originaux de l’artiste concerné, toute la presse prendrait le parti de l’artiste injurié et rejetterait le falsificateur de telle façon qu’il ne pourrait plus jamais apparaître en public. (Karl May: Ein Schundverlag, p. 852 et suivantes)

13 septembre: rencontre avec Otto Denk, le rédacteur du «Hausschatz». Après neuf ans de pause, May est prêt à écrire de nouveau pour le «Deutscher Hausschatz». Il commence immédiatement à écrire «Der Mir von Dschinnistan». Avec cette œuvre – comme déjà avec les derniers volumes de la série «Im Reiche des silbernen Löwen» – il fait un saut dans la grande littérature. Pour les lecteurs du «Hausschatz» qui attendent les passionnantes histoires de voyages d’autrefois, ce roman trouve peu d’écho favorable.
   A la fin de l’année, May écrit Frau Pollmer, une étude psychologique où il essaye en vain de se «libérer» mentalement de sa première femme. Ce texte n’est pas édité du vivant de May. A partir d’octobre paraît dans le magazine de Ratisbonne «Efeuranken» le récit de voyage Schamah.

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Villa «Shatterhand.»
1908

8 mars: dans un testament May fait un lègs pour la création d’une fondation de charité.
   Du 23 mars au 23 avril Abdahn Effendi paraît dans le «Grazer Volksblatt».
   L’anthropologue et chercheur sur la sexualité F.S. Krauss rend visite à May et l’appelle «une bénédiction pour l’humanité». Cette année-là, Karl May entreprend avec sa femme Klara son premier et unique voyage en Amérique. Voici les étapes: Brême (5 septembre), New York (16 septembre), Albany (22/23 septembre), Buffalo (fin septembre), les chutes du Niagara (début octobre), Lawrence/Massachusetts chez Pfefferkorn, un ami d’école (octobre), Boston et New York (novembre). Le 4 novembre, les May sont probablement de retour à Radebeul. Début décembre, ils font un court séjour à Londres.

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1909

31 juillet: le Merhameh de May paraît dans le «Eichsfelder Marienkalender 1910».
Septembre: le Dr. Adolf Droop publie l’étude «Karl May: Eine Analyse seiner Reise-Erzählungen» (une analyse des récits de voyage de May – note de la trad.).
   22 novembre: Rudolf Lebius écrit à une amie d’Emma, Selma von Scheidt, une chanteuse d’opéra, qu’il considère Karl May comme «un criminel né».
   17 décembre: à cause de cette lettre, Karl May porte plainte pour diffamation contre Lebius devant le tribunal de grande instance de Berlin-Charlottenburg.
   8 décembre: May fait une lecture à Augsburg de Sitara, das Land der Menschheitsseele.
Livres édités aux Editions Fehsenfeld: Ardistan und Dschinnistan I et II.

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1910

10 janvier: Karl May entame un réquisitoire légal contre Rudolf Lebius à cause de la plus odieuse calomnie de son article «Hinter den Kulissen» (derrière les coulisses – note de la trad.) paru dans le quotidien «Der Bund» du 19 décembre 1909. Lébius proclame que May a vécu pendant des années dans les forêts en tant que chef de bande de brigands, qu’il a presque quotidiennement commis des cambriolages, attaqué des marchandes ambulantes, abusé sexuellement de sa nièce de neuf ans et étranglé le grand-père de sa première femme Emma!
   Les fréquentes maladies de May aggravées par les attaques diffamatoires finirent par mener l’écrivain à la mort. Aussi ne pouvait-il plus assister aux audiences. Selon les experts légaux, Lebius aurait été condamné à la prison.
   Le 12 avril, Lebius n’est pas jugé coupable dans un premier temps pour sa lettre de diffamation à Selma von Scheidt (plainte du 17 décembre 1909). May fait appel.
   12 mai: Je n’ai jamais nié avoir été en conflit avec la loi, il y a 40 ou 50 ans et j’ai été puni pour cela. Mais ce que j’ai fait dans la dépression mentale la plus profonde devrait maintenant être entendu par un médecin plutôt que par un juge. Mes ennemis fouillent dans mon passé et rajoutent de surcroît des mensonges immondes. Il y a 5 procédures en cours et la vérité sera mise à jour. (lettre de May à Peter Rosegger)
   En août, le Dr. Euchar Albrecht Schmid passe quelques jours à la villa « Shatterhand ». Après la mort de May il prendra la direction des Editions Karl May. Grâce à son infatiguable énergie, la réputation du poète rayonne chaque jour davantage. Et aujourd’hui le flambeau est repris par ses descendants Monsieur Lothar Schmid et son fils Bernhard Schmid qui depuis 2007 est son éditeur attitré.
   Livres édités aux Editions Fehsenfeld: Winnetou IV, Mein Leben und Streben. Presque simultanément à l’autobiographie de May, Rudolf Lebius publie «Die Zeugen Karl und Klara May» (les témoins Karl et Klara May – note de la trad.) - un pamphlet des plus écoeurants. A cause d’objections réciproques, l’autobiographie de May ainsi que le pamphlet de Lebius furent interdits très rapidement.

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1911

8 mai: De nouveau très malade, je vous écris aujourd’hui très brièvement. J’ai surestimé mes forces, mon inflammation pulmonaire et l’épuisement physique des procédures de témoignages m’ont rendu complètement « kaputt »… Je dois aller en cure; je pars dès jeudi. (Karl May à l’avocat Haubold)
   11 mai: départ pour Joachimsthal. Le médecin Dr. Gottlieb prescrit des bains.
   De mi-juin à fin juillet, Karl et Klara May passent des vacances de détente dans le Sud-Tyrol. Sur le Mendel, son état de santé s’aggrave de nouveau.
   18 décembre: la procédure d’appel (correspondant à la plainte du 17 décembre 1909) condamne Rudolf Lebius pour diffamation à une amende de 100 marks.

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1912

25 février: May fête ses soixante dix ans.
   Début mars, May va pour la dernière fois à Hohenstein-Ernstthal.
   Il rend visite à sa sœur Wilhelmine Schöne; il offre un sac de bonbons à sa nièce Ilse pour sa première entrée à l’école.
   22 mars: sur l’invitation du «Akademischer Verband für Literatur und Musik» (association des académiciens pour la littérature et la musique), Karl May fait une lecture devant 2000 personnes de son ouvrage de paix: Empor ins Reich der Edelmenschen. Dans le public se trouve Bertha von Suttner.
   30 mars: Karl May meurt vers 20 heures dans sa villa «Shatterhand». Sa respiration s’est arrêtée suite à une maladie des poumons. Un grand cœur reste calme. Les funérailles de May ont lieu le 3 avril au cimetière de Radebeul.

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Copyright by Karl-May-Stiftung & Marie Versini, Arbeits- und Forschungsgemeinschaft ›Karl May‹ in Sachsen – Die Karl-May-Vereinigung


Karl May – De 1842 à 1874

Musée Karl-May